Projet Simandou

Contexte du Projet :

Simandou est un projet d’exploitation de minerai de fer de classe mondiale situé dans le sud-est de la Guinée. Rio Tinto élabore le projet en partenariat avec le Gouvernement de la Guinée, Chalco et l’International Finance Corporation (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale. Le concessionnaire de la licence et la compagnie du projet est Simfer SA, qui est actuellement détenue à 50,35% par Rio Tinto, 44,65% par Chalco et 5% par l’IFC.
La République de Guinée pourra participer jusqu’à 35% dans le projet Simfer SA (la mine) et à hauteur de 51% à travers un véhicule de titrisation pour détenir l’infrastructure du projet (chemin de fer et port).
Le projet Simandou comporte trois composantes principales:

  • Un minerai de fer de 95 millions de tonnes par an à pleine production;
  • Un chemin de fer trans-guinéen à environ 670 km de la concession à la côte;
  • Un nouveau port en eau profonde au sud de Conakry, dans la préfecture de Forécariah.

Simandou sera le plus grand projet intégré d’extraction de minerai de fer jamais développé en Afrique, avec le potentiel de transformer l’économie guinéenne, de développer les infrastructures de transport, et d’offrir d’importantes possibilités de marché. Il s’agit alors d’opportunités pouvant contribuer au développement du secteur minier local en plein essor. Le Gouvernement guinéen souhaite vivement que les entreprises locales guinéennes participent aux opportunités de marchés que le projet offrira, et encourage les investisseurs étrangers intéressés, à envisager de former des joint-ventures avec des entreprises locales.

Opportunités et Défis :

OPPORTUNITÉS:

Le bloc de Simandou sud est un projet d’ancrage d’exploitation des minéraux en Guinée, pour un coût estimatif 20 milliards de dollars US. L’ampleur du projet offre aux entreprises étrangères et locales la possibilité de profiter d’un marché captif. Concernant l’approvisionnement, le budget de l’étape maximale du projet s’élève à 5 milliards de dollars US. Cela concerne l’achat d’articles et de services tels que:

  • Les services de restauration,
  • Les services de gestion des installations,
  • L’approvisionnement en carburant et lubrifiant,
  • Les explosifs,
  • Le recrutement de personnel,
  • L’approvisionnement et soutien en informatique,
  • Les vêtements de protection,
  • Les pneus, et
  • Les fournitures de bureau.

Par ailleurs, les infrastructures ferroviaire et portuaire seront à usage-multiple et pour différents utilisateurs. Cela offre de nouvelles opportunités en transport de marchandises de la source aux marchés, notamment les marchés d’exportation. Les investisseurs étrangers tireront profit des nouvelles demandes de services logistiques qui découleront de ces nouvelles infrastructures.

DÉFIS:

Mais le Gouvernement de Guinée et ses partenaires Rio Tinto, Chalco et l’IFC reconnaissent que la capacité du pays à intégrer le projet dans l’économie locale sera un défi énorme et qu’elle doit être abordée de façon systématique. Le
pays a un classement faible dans le Rapport Doing Business. Le profil de risque de la Guinée, comparativement aux autres pays riches en ressources la rend moins compétitive pour attirer les investisseurs dans les secteurs de la fabrication et de services. Certains des facteurs qui sous-tendent les mauvaises notes sont:

  • Des partenaires locaux moins compétents,
  • La fourniture de services comme l’eau et l’électricité est irrégulière et les coûts unitaires sont élevés,
  • Les infrastructures de télécommunication, notamment l’internet haut débit, sont très limitées,
  • Les vols sont rares et espacés dans la plupart des aéroports internationaux,
  • Les lois régissant la propriété foncière, les systèmes fonciers traditionnels et les systèmes classiques de protection des investissements sont peu clairs et difficiles à appliquer.

Malgré ces défis, les nouvelles opportunités que le projet de Simandou offrira semblent l’emporter sur les coûts. En outre, l’IFC a mis en œuvre un programme convaincant de renforcement des capacités, destiné à aider les entreprises à acquérir le savoir-faire nécessaire pour appréhender efficacement les diverses opportunités de marchés du secteur minier.

Pertinence du Projet :

Le projet de Simandou est un projet d’exploitation minière et d’infrastructures très vaste et complexe. Il nécessitera une grande quantité de matériaux de construction notamment:

  • 120 000 000 m3 de travaux de terrassement
  • 62 000 tonnes d’acier de charpente
  • 9 400 000 m3 de matériaux de carrière
  • 1 000 000 m2 de bâtiments
  • 630 000 m de tuyauterie
  • 5 000 000 m de câblage
  • plus 1 200 articles d’équipement
  • plus 4 500 insturments

Afin de bien comprendre l’impact que le projet pourrait avoir, le Gouvernement guinéen cherche des investisseurs intéressés à tirer profit des opportunités de marchés qui émaneront de ce projet, de manière à favoriser les entreprises locales. Plus précisément, le gouvernement guinéen encourage les investisseurs la chaîne de valeur minière à collaborer avec les entreprises guinéennes à travers une joint-venture afin de soumissionner aux différentes opportunités de marchés que le projet de Simandou offrira. Même si cette initiative répond aux principes énoncés par les partenaires de Simfer Guinée quant au Cadre d’investissement, l’approvisionnement respectera rigoureusement la procédure de passation de marchés de Rio Tinto.
Le dossier est destiné à profiler le type de biens et services qui peuvent être produits en Guinée et à signaler aux investisseurs intéressés où ils peuvent se les procurer. SOGUIPAMI, avec l’appui de l’IFC, fait la promotion du transfert de savoir-faire pour l’approvisionnement local de la Guinée auprès des entreprises sud-africaines. Récemment, une joint-venture a été formée entre une entreprise locale guinéenne et North Safety Products d’Afrique du Sud, un fabricant d’équipements de protection individuelle et d’uniformes.

Synthèse :

Les fournisseurs de biens et services miniers ont la possibilité de profiter de la demande quantifiable et soutenue du projet de Simandou Sud. Ces facteurs atténuent le risque de marché de manière significative et procèdent à une analyse  solide de rentabilisation des actionnaires et prêteurs. Avec des dépenses d’approvisionnement d’environ 5 milliards de dollars US, rien qu’à sa phase maximale, le projet prévoit une analyse de rentabilisation solide pour les principaux produits fabriqués localement qui accompagneront la demande au-delà de la phase de projet. Ainsi, le Gouvernement guinéen et ses partenaires d’investissement de SIMFER Guinée ont une occasion en or de réaliser les liens économiques nationaux du projet, de réduire les coûts du projet et d’améliorer le taux de rentabilité. Ceci est possible grâce à l’augmentation de la quantité de biens manufacturés et des services achetés en Guinée et la capitalisation de la demande créée par la chaîne d’approvisionnement minier et les projets connexes.

Les investisseurs potentiels ont la possibilité de :

  • Etendre les marchés,
  • Réduire le risque d’investissement du fabricant,
  • Jeter les bases pour un accès au marché régional,
  • Créer une plateforme pour explorer les futurs marchés d’exportation.

En outre, les objectifs des partenaires de SIMFER Guinée sont atteints comme la proposition de:

  • se conformer aux principes énoncés par les partenaires de la Guinée comme le Cadre d’investissement,
  • se conformer aux objectifs du gouvernement guinéen pour relier les projets d’exploitation minière à l’économie et utiliser les liens pour réduire la pauvreté,
  • s’aligner sur les valeurs corporatives de Rio Tinto,
  • répondre aux objectifs de l’IFC afin de promouvoir le contenu local du projet dans lequel l’institution investit.

A long terme, les impacts d’une initiative fructueuse visant à utiliser les projets miniers comme tremplin pour le secteur manufacturier et les services sont nombreux et incluent ceux indiqués ci-dessous:

  • Augmenter la part de marché des investisseurs,
  • Augmenter la compétitivité de l’entreprise,
  • Augmenter les économies d’échelle de l’entreprise,
  • Développer le potentiel d’exportation,
  • Réduire les coûts du projet pour les investisseurs,
  • Développer des compétences entrepreneuriales,
  • Assurer le transfert de technologies,
  • Créer des emplois,
  • Réduire la pauvreté,
  • Booster l’activité économique,
  • Augmenter les recettes fiscales,
  • Améliorer la compétitivité du pays.